Étude mathématique des jeux de ficelle : contribution de W.W. Rouse Ball (1850-1925), Ali R. Amir-Moez (1919-2007), et Thomas Storer (1938-2005)

Mathématiques
ChercheurDoctorantÉtudiantGrand public
Pôle ressources
13/05/2017

15 mai : 7e séance du séminaire “Histoire des jeux et de leurs théories mathématiques” consacrée à «Étude mathématique des jeux de ficelle : contribution de W.W. Rouse Ball (1850-1925), Ali R. Amir-Moez (1919-2007), et Thomas Storer (1938-2005)»

Elle aura lieu à la Maison Européenne des Sciences de l’Homme et de la Société (MESHS) de Lille, le lundi 15 mai à 17h00, dans la salle 004 (à gauche, en bas des escaliers). La séance est ouverte à tous.

Résumé : Communément appelée « jeux de ficelle », la pratique qui consiste à réaliser des figures à partir d’une boucle de ficelle - par des opérations effectuées à l’aide des doigts, voire des dents, des poignets ou des pieds - a été documentée par l’anthropologie depuis la fin du 19e siècle dans diverses sociétés. Loin d’attirer l’attention des seuls ethnologues, cette activité a également été considérée par quelques mathématiciens comme un objet d’étude pertinent.

Dans cet exposé, je commencerai par mentionner l’intérêt du mathématicien W.W. Rouse Ball (1850-1925) pour la pratique des jeux de ficelle, à laquelle il consacra un chapitre de son livre de récréations mathématiques. Je présenterai ensuite les contributions de quelques mathématiciens du 20e siècle (Ali R. Amir-Moez, Thomas Storer…) qui ont mis en évidence certaines propriétés « géométriques » (ou « topologiques ») des jeux de ficelle, et/ou proposé des principes de modélisation (écritures symboliques, diagrammes de nœuds…) pour rendre compte de l’organisation séquentielle de tout jeu de ficelle, et analyser les systèmes de transformation qui sous-tendent cette activité procédurale.

Le séminaire, organisé par Lisa Rougetet, est soutenu par le Rime Lab (EA 7396), le laboratoire Lille Economie Management (UMR 9221) et le laboratoire Savoirs Textes Langage (UMR 8163), en partenariat avec la MESHS.

            L’objectif de ce cycle de séminaires est de mener une réflexion sur la place que peut occuper le jeu dans une démarche scientifique ; comment les jeux et leur analyse ont-ils introduit de nouveaux concepts et posé de nouveaux problèmes ? Comment ont-ils permis la modélisation de situations simples pour ensuite développer des théories plus complexes ? Le jeu possède en effet ces atouts de se développer au sein de règles précises ; il a fait l’objet de tentatives de mises au point de stratégies gagnantes s’appuyant sur des démarches mathématiques singulières, permettant de les enrichir en retour, mais a également servi de modèle dans la compréhension de phénomènes appartenant à d’autres champs disciplinaires.

            Les questionnements autour de l’utilisation des jeux dans une théorie scientifique, à la fois en tant qu’objet ou qu’outil, seront à la frontière de plusieurs disciplines (théorie des jeux en économie, histoire des mathématiques récréatives, ethnomathématique, informatique), et interrogeront l’histoire pour faire apparaître et analyser la fécondité des interactions entre le jeu et les pratiques scientifiques.

Programme prévisionnel :

Une journée d’étude clôturera ce séminaire, elle aura lieu le mercredi 21 juin à la MESHS de Lille. Les détails de cette journée seront communiqués ultérieurement.

Précédentes interventions :

- lundi 28 novembre 2016 : Christian Schmidt (professeur émérite Université Paris-Dauphine). “La théorie des jeux : histoire et prospective”.

- lundi 12 décembre 2016 : David King (maître de conférences en Game Design, London College of Communication). “Choice, Randomness and Interaction: Exploring Game Rules”.

- lundi 16 janvier 2017 : Jean-Paul Delahaye (professeur émérite Université de Lille Sciences et Technologies). “Battre les cartes : du mélange de Gaspard Monge aux surprenants résultats de Persi Diaconis”.

- lundi 20 février 2017 : Évelyne Barbin (professeure émérite, Laboratoire de mathématiques Jean Leray, Université de Nantes). “Le problème des 36 officiers de Leonhard Euler à Gaston Tarry (1782-1900)”.

- lundi 27 mars 2017 : François Goichot (maître de conférences, Laboratoire de Mathématiques et de leurs Applications, Université de Valenciennes). “Le “jeu des philosophes” : la rithmomachie comme apprentissage de l’arithmétique boécienne”.

- lundi 24 avril 2017 : Amirouche Moktefi (Tallinn University of Technolgy, Estonie). “Le jeu de la logique n’amuse personne : le dilemme de Lewis Carroll”.