#Présidentielle2017

ChercheurDoctorantÉtudiantGrand public
Pôle ressources
07/04/2017

2 mai 2012. À l’occasion d’un ultime débat audiovisuel, un certain François Hollande retient soudain l’attention de millions de Français au rythme d’un «Moi, Président» se voulant annonciateur de changement. Qu’en est-il cinq ans plus tard ? Selon les convictions de chacun, les avis s’accordent ou divergent, les opinions s’ajustent ou se renforcent. Pour les analystes politiques les plus à même d’adopter un regard critique et comparé –  historiens, économistes, sociologues, éditorialistes - le bilan de ce mandat bientôt achevé donne matière à débat et soulève de nombreux questionnements citoyens. Si l’émergence et la formalisation de nouvelles donnes quant à la réflexion autour de la chose publique ne date pas d’hier, on assiste aujourd’hui à son déploiement progressif vers de nouvelles sphères médiatiques. Ainsi, l’usage démocratisé des réseaux sociaux favorise-t-il le renouvellement du débat citoyen et surtout, sa visibilité. Cela aura-t-il une incidence sur la future gouvernance du pays et de son modèle démocratique ?

Cinq ans plus tard, l’heure est au retour aux urnes. Ou pas. Entre la hausse de ce que l’on considère déjà comme le parti abstentionniste, le renoncement du Président sortant, le jeu sélectif des primaires, l’effacement progressif du clivage Gauche/Droite, les rebondissements divers nourris de révélations au nom de l’exigence de transparence, d’alliances et d’infidélités, le climat électoral semble plus que jamais singulier et incertain. Une première dans l’histoire de la Ve République.

Cinq ans plus tard,  la situation socio-économique du pays est telle qu’elle bouleverse profondément les règles de l’échiquier politique, contribuant à faire perdre à certains partis leur électorat emblématique au profit des autres. Alors que la Gauche implose et opère, pour partie, un virage à droite, l’Extrême-Droite, elle, s’impose et prospère en tête de peloton ; alors que la Droite fait du sur-place et s’englue dans ses affaires, l’Extrême-Gauche de son côté fait une remontée spectaculaire. Derrière, les « petits candidats » s’accrochent, au nom de ceux dont la voix reste inaudible dans la masse mais non moins légitime. C’est donc dans une campagne marquée par bon nombres d’aléas en tout genre que les contours du premier tour s’esquissent timidement sur fond de sondages réguliers dont la pertinence est par ailleurs sans cesse remise en cause. Jusqu’au bout, le doute persiste et nourrit l’indécision.

Dans ce dédale politique, comment remettre au centre le débat démocratique et la recherche collective de solutions alternatives ?

Cinq ans plus tard, l’avenir de la démocratie se joue de nouveau. Beaucoup parmi vous, du haut de vos 18 ans ou plus, vont voter pour la première fois mais ignorent comment, pour qui, pour quoi au point d’en perdre illusions et repères face aux évènements récents. Pourquoi ce retour en arrière et cette impression d’aller dans le mur ? Pourquoi Trump après Obama, pourquoi la crise européenne, le Brexit, le désastre grec, le populisme en Autriche et aux Pays-Bas, pourquoi la crise des migrants, la fermeture des frontières, pourquoi la hausse de la pauvreté et l’urgence écologique… Pourquoi l’imminence d’un «2002 bis» dont parlent les aînés ?

                         

Osons Causer, HugoDécrypte, Usul et les autres

L’étude et l’analyse de la science politique, de sa stratégie et de son histoire au moyen d’un jargon bien spécifique génère bon nombre de conférences d’universitaires, d’émissions, d’éditoriaux et de livres politiques qui essaiment la campagne. Si leur contenu est limpide pour quelques experts et passionnés, il ne l’est pas forcément pour les autres, moins sensibilisés mais non moins intéressés. Pour y remédier, de nouveaux acteurs - étudiant débutant ou chercheur spécialisé, politicien expérimenté ou anonyme désireux de faire entendre sa voix - s’emparent des réseaux sociaux afin d’éclairer l’actualité tout en élargissant l’espace de l’expression collective. Populaire et codifiée, la plateforme Youtube est un bel exemple de ce besoin d’information et de transparence. Langage clair et courant, vidéos courtes, adresse directe et ouverture des commentaires aux abonnés permettent la compréhension des sujets de la campagne et de son actualité mais aussi l’appréhension des modes électoraux et des programmes des candidats. Une véritable agora.


L’avenir est dans nos cartes de lecteur

Parce que l’accès à l’information et au savoir relève de nos missions fondamentales LILLIAD vous propose une sélection documentaire pré-électorale (en exposition au premier étage) constituée d’essais de sociologie politique, d’histoire des mouvances et des partis, d’enquêtes journalistiques ainsi que de guides synthétiques sur le processus électoral et de bandes dessinées uchroniques. Surtout, cette « biblio de vote » a vocation à porter à votre connaissance le pluralisme des idées et des opinions existantes dans notre société, sans censure ni propagande et à vous éclairer en ce sens. À la manière des médias auxquels le CSA impose de donner le même temps de parole aux candidats et à leurs collaborateurs lorsqu’ils les reçoivent, quel que soit leur bord politique. Question de démocratie.

Plus que tout, l’élan citoyen est nécessaire, au nom des valeurs et des causes que nous souhaitons défendre et voir défendre sur le plan national mais aussi international. Que l’on opte pour l’un ou l’autre des candidats, que l’on opte pour le vote ou l’abstention, il appartient à chacun de voir dans son action un droit, un devoir ou les deux : en tout cas, une forme de mobilisation et de participation. Parce que l’avenir est un choix. Parce que l’avenir, c’est nous, citoyens.

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Crédit Photo : CC0 pixabay & Télérama