Plus vite, plus haut, plus sport : de l’homme adapté à l’homme augmenté

Généralités
15/01/2020

Le lundi 20 janvier 2020, l’espace événementiel de Lilliad accueille la conférence «Plus vite, plus haut, plus sport : de l’homme adapté à l’homme augmenté» qui se déroule dans le cadre de la saison 3 d’Xperium «Matériaux et numérique en mutation. Vers l’homme augmenté». Deux intervenants se succéderont avant un débat avec le public.

  • Bernard Andrieu : «Le corps capacitaire du sportif hybridé : le dépassement des limites»

Philosophe, UFR Staps de l’Université Paris Descartes, directeur de l’Institut des Sciences du Sport-Santé de Paris, dernier ouvrage publié Ethique du sport (Paris : Vrin, 2019).

Les progrès technologiques permettent à la personne en situation de handicap de découvrir de nouvelles capacités, ce qu’on appelle le «corps capacitaire». Cette augmentation repose sur une hybridation du corps biologique avec des prothèses. Se pose dès lors le problème de l’identité du sportif hybride, comme Oscar Pistorius qui a demandé et obtenu de courir avec les valides. Se pose aussi la question éthique de l’équité, sinon de l’égalité, entre les compétiteurs avec ce dopage technologique et modèle d’inclusion sociale.

  • Jean Minier : «Performance et parasports» titre provisoire

Chef de Mission de la délégation française aux Jeux Paralympiques de Tokyo 2020, Directeur des Sports du Comité Paralympique et Sportif Français.

 

Afin de poursuivre la réflexion les bibliothécaires de l’université de Lille vous proposent une sélection de documents en lien avec la thématique de la conférence.

Dans les bibliothèques de l’université de Lille

  • Andrieu Bernard, Boetsch Gilles, Aicardi-Chevé Dominique, et al. (2016). Quels corps demain ?. Paris: CNRS Éditions.

LILLIAD, Sciences humaines (2ème étage) 306.4 COR

Accessible en ligne

  • Andrieu, Bernard. (2019). Ethique du sport : morale sportive, performance, agentivité. Paris : Librairie philosophique J. Vrin.

Bientôt disponible dans vos bibliothèques

  • Andrieu Bernard. (2018). Le corps capacitaire  : une performativité du vivant. Nanterre : Presses universitaires de Paris Nanterre.

BU Sciences Humaines et Sociales, Philosophie, psychologie (accès libre 1er étage) 128.6 AND

  • Bensadoun Sophie, & Colombani Hervé. (2012). Sport science société  : pour voir le sport autrement. Meudon : CNRS Images.

LILLIAD, Sciences humaines (2ème étage) 306.483 BEN

  • Billard Vincent. (2017). Éloge de ma fille bionique  : philosophie du handicap, humanisme et transhumanisme. Québec : Presses de l’Université Laval.

BU Santé, Rez-de-jardin - Médecine W 50 BIL

  • Descarpentries Jacqueline , & Andrieu Bernard (dir.) (2017). Le corps capacitaire [Dossier]. Recherches & Educations. Hors Série. 1-193.

Accessible en ligne

  • Doron Julie (dir.). (2018). Corps & sport  [exposition, Paris, Cité des Sciences et de l’industrie, 16 octobre 2018-05 janvier 2020 organisée par Universcience en partenariat avec l’INSERM ; en collaboration avec l’INSEP]. Paris : Éditions de La Martinière.

Bibliothèque STAPS, Salle de lecture SH B8 COR

  • Gardien, Ève (2016). De la liberté corporelle en situation : l’exemple de la résistance de personnes handicapées au validocentrisme, Corps, 14 (1), 105-114.

Accessible en ligne

  • Gaillard Joël, & Andrieu Bernard. (2011). Vers la fin du handicap ? : pratiques sportives, nouveaux enjeux, nouveaux territoires. Nancy : Presses universitaires de Nancy.

LILLIAD, Sciences humaines (2ème étage) 362.4 GAI

  • Garel Jean-Pierre, Marcellini Anne, & Gardou Charles. (2005). Sport de haut niveau et situations de handicap. Ramonville Saint-Agne : Erès.

Bibliothèque STAPS, Salle de lecture AS A SPO

  • Hoquet Thierry. (2011). Cyborg philosophie  : penser contre les dualismes. Paris: Éd. du Seuil.

BU Sciences Humaines et Sociales, Philosophie, psychologie (accès libre 1er étage) 128 HOQ

  • Londres 2012  : regards croisés sur la performance sportive olympique et paralympique. (2013). Paris : INSEP-Publications.

Bibliothèque STAPS, Salle de lecture AS C2 LON

  • Marcellini Anne, & Villoing Gaël. (2014). Corps sport handicaps. Tome 2. Le mouvement handisport au XXIe siècle, lectures sociologiques. Paris : Téraèdre.

LILLIAD, Sciences humaines (2ème étage) 306.483 COR

  • Paintendre Aline, & Andrieu Bernard. (2015). Le corps capacitaire des adolescent(e)s : une émersion du vivant dans leur perception du step. Staps, 108, 2015/2, 49-59.

Accessible en ligne

  • Richard Rémi, & Marcellini Anne. (2017). Être footballeur en fauteuil  : approche socio-phénoménologique du corps sportif en situation de handicap. Paris : l’Harmattan.

Bibliothèque STAPS, Salle de lecture SH C8 RIC

  • Ruffié Sébastien, & Ferez Sylvain. (2013). Corps sport handicaps. Tome 1. L’institutionnalisation du mouvement handisport (1954-2008). Paris : Téraèdre.

LILLIAD, Sciences humaines (2ème étage) 306.483 COR

 

Autres ressources (conférence et podcasts)

Conférence-Débat organisée par la Bibliothèque Universitaire Sciences de LYON 1 le 15 mars 2011.

Intervenants :

Bernard ANDRIEU philosophe, Nancy 2,

Stéphane LALLE , doctorant, Lyon 1

Philippe LIOTARD , anthropologue, Lyon 1

 

L’hybridation est l’avenir de l’homme

Serge Tisseron reçoit dans son émission «Matières à penser» le philosophe Bernard Andrieu, professeur en épistémologie du corps et des pratiques corporelles à l’Université Nancy 1. Comme en témoignent de nombreuses figures mythologiques - Prométhée, le Centaure, la chimère, le loup-garou, et plus près de nous, les supers héros - l’hybridation a toujours préoccupé l’être humain. Mais les hybrides sont aussi parmi nous, avec leurs pacemakers, leurs greffes, leurs prothèses de hanche… voire leurs fauteuils roulants. L’important est que les machines s’adaptent à notre corps et que notre corps s’adapte à elles. Cela est-il plutôt rassurant ou plutôt inquiétant ? Les deux à la fois. L’aspect rassurant est que l’hybridation permet d’éviter la stigmatisation des corps handicapés ou imparfaits. L’aspect inquiétant consiste dans le fait que les technologies d’hybridation utilisent de plus en plus des systèmes connectés qui peuvent contribuer à un contrôle social accru. Pour toutes ces raisons, il est temps désormais de placer l’éthique au cœur de l’hybridation.

 

Sport de haut niveau : où finit le corps, où commence la machine ?

A moins d’une énorme surprise, Oscar Pistorius ne reviendra pas des Jeux olympiques de Londres avec une médaille. Engagé dans l’épreuve d’athlétisme du relais 4 x 400 m, le sprinteur sud-africain, aux performances plus qu’honnêtes sur la distance (sous les 46’’), sans toutefois tutoyer les sommets, devrait se contenter d’un rôle de figuration. Qu’importe : il aura l’occasion d’étancher sa soif de performances quelques jours plus tard, à Londres, toujours, cette fois lors des jeux Paralympiques. Oscar Pistorius sera le grand favori du 100 m, du 200 m et du 400 : distances sur lesquelles il est le tenant du titre.

Agé de 25 ans, Pistorius est un cas à part dans le monde du sport de haut niveau. Amputé des 2 jambes -suite à une malformation- quelques mois seulement après sa naissance, venu sur le tard à l’athlétisme (il a 17 ans), le jeune homme, équipé de prothèses en fibres de carbone, va très vite surclasser ses rivaux handicapés, et revendiquer le droit de courir avec les valides. Un droit qui lui sera longtemps refusé, pour concurrence déloyale, ses prothèses étant censées lui donner un avantage sur ses concurrents. Ce n’est plus le cas désormais. Oscar Pistorius l’a appris il y a tout juste une semaine : à Londres, il pourra courir aux côtés des valides. Une présence aux JO passionnante à plus d’un titre : par sa portée symbolique pour les personnes handicapées mais aussi et surtout par les questions universelles que soulève cet athlète si particulier, involontairement chargé de redéfinir à lui seul les nouvelles frontières de l’humain.

 

Les sportif·ve·s, des humains augmentés ?

Avec l’emballement du progrès technique et technologique, la science, un peu comme les sportifs, continue de repousser en permanence les limites du corps humain. Au point qu’elle pourrait rendre leurs performances illimitées. Un rêve transhumaniste, en passe de devenir réalité ? 

Si les sportif·ve·s sont les premiers humains augmentés, est-il souhaitable de mettre le progrès technologique à leur service ? Jusqu’à quel point, et comment continuer à accorder tout le monde sur les règles du jeu communes ? Finalement, à quoi ressembleront nos compétitions de demain ? Anne-Cécile Genre pose la question au chercheur en neurobiologie et transhumaniste Terence Ericson et Christian Couturier, du SNEP-FSU (Syndicat national de l’Education Physique).