Micro et casque

Revue de podcasts (n°7)

Neuromarketing : comment les marques influent sur notre cerveau

Que se passe-t-il lorsque nous achetons ? Une discipline se charge de répondre à cette question : le neuromarketing. Il a ainsi identifié une cible privilégiée : le cerveau reptilien, le plus primitif, celui où siège l’instinct de survie et de fuite, mais aussi le plaisir et la peur. L’avantage du cerveau reptilien, c’est qu’il est fondamentalement égoïste. Il ignore les notions de mémoire, d’éducation, d’intelligence ou de solidarité. C’est donc à cette partie primitive de notre cerveau que les spécialistes du marketing s’adressent. Il s’agit d’y engendrer des réactions instinctives qui vont conduire à l’acte d’achat.Sommes-nous manipulés par le neuromarketing ? Perdrons-nous notre originalité, notre autonomie ? Dans cette table ronde organisée par la Cité des sciences et de l’industrie dans le cadre de la «Semaine du Cerveau», découvrez les processus mentaux et les comportements à l’œuvre chez les consommateurs (avec Brigitte Chamak, sociologue et ingénieure de Recherche Inserm ; Hervé Chneiweiss, Président du comité d’éthique de l’Inserm ; Antoine Deswarte, expert indépendant en Sciences cognitives appliquées pour les entreprises, fondateur et gérant du cabinet «Ocytocine dealer» et Nathalie Lazaric, directrice de recherche au CNRS.) [Source : France Culture]

En + :

Badoc, Michel. (2017). Le neuro-consommateur  : comment les neurosciences éclairent les décisions d’achats du consommateur. Paris : Eyrolles.

John Gountas, Sandra Gountas, Joseph Ciorciari & Piyush Sharma (2019). Looking beyond traditional measures of advertising impact : using neuroscientific methods to evaluate social marketing messages. Journal of Business Research, Volume 105, p. 121-135.

A quoi sert un patron ?

Qui n’a pas eu ce rêve, une fois dans sa vie, de ne plus être soumis aux ordres de son patron ? Il s’avère qu’il existe des entreprises où les patrons laissent les salariés prendre la majorité des décisions, en auto-gestion : ce sont des entreprises libérées. Dans cet épisode de Spla$h , Etienne Tabbagh est allé à la rencontre de ces employés d’un nouveau genre. Il s’est donc rendu à Lyon à Sogilis, une société de développement des logiciel où les patrons ne surveillent plus leurs employés. Il a également interviewé un fervent défenseur de ces nouvelles entreprises, Pierre Nassif, polytechnicien qui mène aujourd’hui une recherche sur les entreprises libérées. [Source : site du podcast]

En + :

Carney Brian M. & Getz Isaac. (2012). Liberté & Cie  : quand la liberté des salariés fait le bonheur des entreprises. Paris : Fayard.

Getz Isaac. (2019). L’entreprise libérée  : comment devenir un leader libérateur et se désintoxiquer des vieux modèles. Paris : Pluriel.

Mon boss est un algorithme

Julie a été micro travailleuse. Après toute une série de tests – non rémunérés – elle est acceptée, dit-elle, par le site de recrutement, suite à quoi elle est envoyée sur une plateforme de micro travail appartenant à Microsoft. Son travail consiste à entraîner Cortana, l’assistante vocale de Microsoft, dans la plus grande précarité. Pour ce faire, elle écoute les conversations et corrige les fautes de l’intelligence artificielle. « La société qui m’employait était chinoise, mon manager était basé en Italie, le site fait référence à l’Espagne en ce qui concerne les mentions légales et les paiements venaient des Etats-Unis. » dit-elle. Même si Julie parvient à obtenir des transcriptions, son salaire ne dépasse jamais plus de six-cents euros. Le micro travail est précaire, dans la solitude de son salon ou de sa chambre. D’autre part, l’entrainement d’assistants vocaux pose également des questions éthiques : écoute de conversations privées, employés non soumis à des clauses de confidentialité, enregistrement de conversations alors que assistant vocal n’a pas été sollicité… Ces écoutes pratiquées par de nombreuses entreprises d’informatique mettent en péril le droit à la vie privée et donnent lieu à des questionnements encore inédits. 

De son coté, Nassim a été livreur pour Deliveroo et lui aussi a été un micro travailleur précaire. Il n’a jamais rencontré de représentant et il dit lui-même que son patron était un algorithme. Peu importe la météo, il effectuait ses livraisons, au début il recevait des primes lorsqu’il pleuvait ou neigeait mais en 2019, les primes disparaissent. Pire encore, une nouvelle tarification entre en vigueur, Deliveroo s’aligne sur les prix de Uber Eats : le salaire des livreurs est divisé par deux. Après avoir participé à un mouvement social suite à la baisse drastique de son salaire, Nassim reçoit un mail qui lui annonce la fin de son contrat. Aucun motif de renvoi n’est mentionné. Grace à un journaliste du Huffington Post, il découvre qu’il est en fait soupçonné d’avoir volé des commandes qu’il était censé livrer. Le comble étant qu’aucune preuve ne peut être avancée par l’entreprise. « On travaille pour un robot. Ce n’est pas de l’humain. » ; « En tant qu’indépendant je n’ai pas droit au chômage. En ayant travaillé cinquante-cinq heures par semaine, en ayant fait plus de deux-cent heures par mois pendant presque un an, je n’ai pas droit au chômage donc à partir de demain, je suis à 0€ par mois. ». [Source : site du podcast]

En + :

Barthélémy Jacques. (2017). Travailler au XXIe siècle : l’ubérisation de l’économie ? Paris : Odile Jacob.

Eychenne Yves. (2018). Ubérisez votre entreprise : comment créer de la valeur avec les plateformes digitales ? Malakoff : Dunod.